Trois relances oubliées, un deal perdu
C’est le scénario classique : vous envoyez un devis un lundi, le prospect ne répond pas, vous notez mentalement de rerelancer jeudi — et jeudi, vous avez autre chose en tête. La relance part finalement 12 jours plus tard, froide, sans contexte. Le prospect a signé ailleurs.
J’ai personnellement perdu un contrat de prestation à 4 500 € pour cette raison exacte. Depuis, j’ai construit un système de relances automatisé avec Make.com et un peu d’IA générative. Résultat : aucune relance oubliée, des messages contextualisés, et un taux de réponse qui a grimpé de 18 % à 34 % sur mes séquences froides.
Dans cet article, je vous montre comment reproduire ce système, étape par étape, sans écrire une ligne de code.
Pourquoi les relances manuelles échouent systématiquement
Le problème n’est pas la motivation — c’est la charge cognitive. Suivre 20 prospects simultanément, adapter le ton selon le niveau d’avancement, savoir quand relancer et quoi dire : c’est un travail de gestion de projet déguisé en commercial.
Les CRM proposent des rappels, mais ils ne rédigent pas les messages. Les templates statiques finissent par sonner faux — et les prospects le sentent. C’est précisément là où l’IA change la donne : pas pour « révolutionner votre business », mais pour rédiger un mail de relance personnalisé en 3 secondes à partir des données que vous avez déjà.
L’architecture du système : CRM → Make.com → IA → Email
Voici la logique du workflow que j’utilise. Elle s’adapte à Zapier si vous préférez, les principes sont identiques.
Les briques nécessaires
- Un CRM ou tableur structuré : Airtable, Notion, HubSpot ou même Google Sheets — l’essentiel est d’avoir un champ « Statut » et un champ « Date dernier contact »
- Make.com ou Zapier : le chef d’orchestre qui surveille votre base et déclenche les actions
- Un modèle IA : GPT-4o via l’API OpenAI ou Claude via Anthropic — les deux fonctionnent nativement dans Make et Zapier
- Gmail ou Outlook : pour l’envoi final
Étape 1 — Structurer votre base de prospects
Dans Airtable (mon choix pour ce workflow), créez une vue filtrée qui remonte automatiquement les prospects avec :
- Statut = « Devis envoyé » ou « En attente de réponse »
- Date dernier contact ≥ J+3, J+7 ou J+14 selon votre cycle de vente
Cette vue devient le déclencheur de Make.com. Chaque ligne qui y apparaît = une relance à envoyer.
Étape 2 — Construire le scénario Make.com
Dans Make, créez un scénario avec ce flux :
- Trigger : Airtable « Watch Records » — surveille la vue filtrée toutes les heures
- Module OpenAI « Create a Completion » — envoie un prompt dynamique avec les données du prospect
- Module Gmail « Send an Email » — envoie le message généré
- Module Airtable « Update a Record » — met à jour le statut en « Relancé J+X » et la date de dernier contact
Le prompt que j’utilise dans le module OpenAI ressemble à ça :
Tu es un consultant freelance expert en [domaine]. Rédige un email de relance court (5 lignes max) pour [Prénom], directeur de [Entreprise], à qui j’ai envoyé un devis de [Montant] pour [Objet] il y a [X jours]. Ton : professionnel mais direct. Pas de formule creuse. Terminer par une question ouverte simple.
Chaque variable entre crochets est un champ Airtable mappé dynamiquement. Le résultat : un email qui semble écrit à la main, en 3 secondes.
Si vous débutez avec Make, le guide connecter Gmail et Notion avec Make.com sans coder vous donnera les bases de la connexion des modules avant d’aborder ce workflow plus avancé.
Étape 3 — Gérer les séquences multi-niveaux
Une seule relance ne suffit pas. Mon système en envoie trois, avec des délais et des tons différents :
- J+3 : relance douce, rappel du devis, question ouverte
- J+7 : relance directe, reformulation de la valeur ajoutée, demande de feedback
- J+14 : relance finale, ton détendu type « fermeture de dossier » — souvent la plus efficace
Dans Make, je gère les trois niveaux via un champ « Numéro de relance » dans Airtable. Le module Router dirige vers le bon prompt selon la valeur du champ. Simple et lisible.
Pour aller plus loin sur la génération de contenu IA dans vos workflows, l’article sur automatiser sa newsletter avec Make.com et Claude IA couvre les mêmes techniques appliquées à l’email marketing.
Make.com vs Zapier : lequel choisir pour ce workflow ?
| Critère |
Make.com |
Zapier |
| Visuel du workflow |
Interface canvas intuitive |
Flux linéaire, plus simple |
| Logique conditionnelle |
Router natif, très flexible |
Paths disponibles mais limité en gratuit |
| Intégration OpenAI/Claude |
Module natif, bien documenté |
Module natif, plus facile à configurer |
| Tarif pour ce cas d’usage |
Gratuit jusqu’à 1 000 opérations/mois |
Gratuit jusqu’à 100 tâches/mois |
| Courbe d’apprentissage |
Modérée |
Faible |
Mon verdict terrain : Make.com pour la puissance et la flexibilité du Router — indispensable pour gérer les 3 niveaux de relance. Zapier si vous avez moins de 50 prospects actifs et préférez la simplicité de prise en main.
Points forts et limites du système
Ce qui fonctionne vraiment
- Zéro relance oubliée — le système tourne même quand vous dormez
- Messages personnalisés sans effort — le niveau de personnalisation dépasse ce que la plupart font manuellement
- Mise en place en 2 à 3 heures maximum pour un profil non-technique
- Facilement adaptable : changer le prompt suffit pour cibler un autre secteur ou ton
Ce qu’il faut surveiller
- La qualité du prompt est critique — un prompt bâclé produit des emails génériques qui font fuir
- Il faut toujours relire avant l’activation : j’ai eu une relance qui mentionnait un montant incorrect parce qu’un champ Airtable était mal formaté
- Prévoir une condition « stop » si le prospect répond — sinon le système relancera quand même
- Les coûts API OpenAI restent marginaux (moins de 0,50 € pour 100 relances) mais existent
Verdict de l’expert
Ce workflow est l’un des meilleurs retours sur investissement que j’ai construits avec Make. Deux heures de configuration, des résultats mesurables dès la première semaine. Le vrai gain n’est pas seulement le temps économisé — c’est la régularité. Un système automatisé ne procrastine pas, ne se décourage pas, ne « garde ça pour demain ».
Si vous gérez un pipeline commercial, même petit, c’est le premier workflow à mettre en place avant tout autre.
FAQ — Automatiser ses relances commerciales avec l’IA
Faut-il un CRM payant pour mettre en place ce workflow ?
Non. Un Google Sheet bien structuré ou la version gratuite d’Airtable suffisent. L’essentiel est d’avoir des champs « Statut » et « Date dernier contact » proprement renseignés. Make.com et Zapier s’y connectent nativement.
Est-ce que les prospects détectent que l’email est généré par une IA ?
Avec un prompt bien travaillé et des données contextuelles précises, non. Les emails génériques sont détectés parce que le prompt est paresseux, pas parce que l’IA est incapable. Testez vos messages sur vous-même avant de lancer le workflow.
Combien de temps faut-il pour construire ce système de zéro ?
Comptez 2 à 3 heures si vous n’avez jamais touché à Make ou Zapier. Les modules OpenAI et Gmail sont bien documentés, et la logique de base est accessible à tout non-développeur.
Que se passe-t-il si le prospect répond entre deux relances ?
C’est le point critique à gérer. Dans Make, ajoutez un filtre de condition qui vérifie si le statut du prospect est toujours « En attente » avant d’envoyer. Vous pouvez aussi utiliser un webhook Gmail pour détecter une réponse entrante et mettre à jour automatiquement le statut dans Airtable.
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